Karla Suarez à Valin

Article rédigé par des élèves de seconde 12
mercredi 19 décembre 2012
par  Ingrid GHILARDINI

Karla Suarez

L’amour d’écrire

Après avoir découvert plusieurs pays, la romancière cubaine Karla Suarez vient au lycée Valin partager ses expériences avec les élèves de la seconde 12. Son dynamisme, son sourire et son énergie débordante font d’elle une femme charmante et intéressante. Joyeuse et fière de ce qu’elle a accompli, avec un accent soutenu qui montre ses origines, elle se prête au jeu de l’entretien.

Quand est-ce que vous avez quitté Cuba et pourquoi ?
J’ai quitté Cuba en 1998, alors que le pays traversait une crise très dure. Ma génération n’avait pas de futur. Mais j’ai surtout quitté cette île car depuis petite j’avais toujours rêvé de voyager et de connaître davantage l’Europe. Mais je suis tout de même contente d’avoir passé ma jeunesse à Cuba !

Comment perceviez-vous l’école ?
L’école me plaisait. Je suis allée dans plusieurs établissements, mais celui qui m’a le plus plu est le conservatoire de musique où je jouais de la guitare. C’était très dur, mais les relations étaient comme dans une famille ! Un avantage : le lycée était au bord de la plage (rire) ...

A quel âge avez-vous commencé à écrire ?
J’ai commencé à écrire très jeune. Quand je suis retournée chez moi, très récemment, j’ai retrouvé des poèmes que j’avais écrits dès l’âge de sept, huit ans, et un roman de cent pages ! J’ai beaucoup d’inspiration et j’aime inventer des histoires. Mes premiers lecteurs furent mes parents et ma soeur. Ma mère est professeur de littérature et ma soeur et moi nous amusions beaucoup à de petits ateliers d’écriture. Pour moi, l’écriture était une maladie : j’adorais ! Personne ne pensait que je deviendrais écrivain car je faisais beaucoup de fautes d’orthographe...mais j’avais de l’imagination. Pour ma soeur, c’était le contraire...elle est devenue journaliste.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?
Les chats. J’aime beaucoup les chats. Je leur ai dédié des poèmes. Puis, avec le temps, je me suis inspirée de tout et de rien, je me faisais mes propres histoires avec les gens de mon entourage. J’utilise leur vie, j’en fais un roman. La moitié de mes personnages relève de la réalité, l’autre moitié de la fiction.

Quels auteurs vous ont marquée ?
Julio Cortazar m’a beaucoup influencée, j’avais quelque chose en commun avec lui, il m’a beaucoup appris... Il y a aussi Camus, dont l’Etranger a été très important pour moi...

Pour écrire La Voyageuse, vous êtes-vous inspirée d’éléments de votre vie ?
Je m’inspire des personnes que je connais ou que je croise simplement lors de mes voyages. Je remercie d’ailleurs celles qui m’ont inspirée dans les trois dernières pages du livre. Je suis mes personnages dans leurs pérégrinations et vais ainsi vérifier si ce que j’ai écrit sur les lieux qu’ils fréquentent est vrai ou s’il faut que j’apporte des modifications à mon manuscrit. Et puis je donne des idées à mon personnage mais s’il n’en veut pas, je n’insiste pas, je lui donne une entière liberté. J’aime l’inconnu !

Que cherchez-vous à faire ressentir à vos lecteurs ?
Tout d’abord je n’écris pas pour eux, mais pour moi...j’ai un plaisir fou à écrire ! Je pense avant tout à mes personnages, et non aux lecteurs...

Combien de temps mettez-vous pour écrire un roman ?
Cela dépend de l’histoire... Pour La Voyageuse, il m’a fallu cinq ans ; ce roman a mis du temps à naître, ma vie a changé au milieu de l’histoire : je déménageais beaucoup à cette époque, je suis allée de Paris à Rome, de Rome au Mexique...

Vivez-vous de votre plume ?
Je ne vis pas de ma plume mais pour ma plume ! Je dois souvent faire autre chose pour subsister ; je suis ingénieur informatique ; rien à voir avec mes romans (rire) ! Mais je peux aussi animer des conférences, des ateliers d’écriture...chaque jour est différent pour moi. Mais j’aimerais avoir plus de temps à consacrer à mes oeuvres, comme en ce moment où je suis en résidence d’écriture en France. J’adore la France, c’est un pays qui m’a beaucoup aidée.

Quel est donc le sujet de votre prochain roman ?
La guerre en Angola. Et le personnage principal est un homme, le fils d’un soldat cubain mort là-bas...

Après avoir signé quelques autographes et regardé l’exposition que les lycéens avaient réalisée au CDI sur Cuba , Karla Suarez est repartie vers la capitale où elle a reçu quelques jours plus tard le prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde 2012 pour son dernier roman "La Havane, année zéro", aux éditions Métailié.

Eva, Kelly, Maëva, Virginie


Val Infos

LOL Valin


Paiement en ligne Service restauration


Portail du CDI


Education Nationale