Isabelle Autissier au lycée Valin

dimanche 1er février 2015
par  Ingrid GHILARDINI

Soutenue par la Région et le lycée Valin, l’association LEAR a invité Isabelle Autissier à venir rencontrer des élèves de seconde et de première, jeudi 15 janvier. Quelques rédacteurs de seconde 9 ont rendu compte de cet échange dans les articles suivants.

Cap sur Isabelle Autissier

Le jeudi 15 janvier, certaines classes de seconde et première du lycée VALIN ont eu la chance de rencontrer la romancière et grande navigatrice Isabelle AUTISSIER. Les élèves avaient précédemment préparé des questions afin d’en apprendre plus sur cette incroyable personne. Cette rencontre fut agréable et enrichissante pour tous.

Pourquoi être devenue présidente du WWF ? J’ai eu énormément de chance dans ma vie, j’ai pu voyager et réaliser mes rêves depuis ma plus jeune enfance. Découvrir le monde comme je l’ai découvert m’a appris le respect de la nature. Les hommes sont coupables du plus grand nombre des problèmes environnementaux mais rien n’est désespéré. Il y a une bonne nouvelle dans tout cela : c’est l’homme qui les a créés, donc il est capable de réparer ses dégâts. C’est à cela que je consacre la majorité de ma vie, et donc être devenue présidente du WWF est une chose qui était évidente pour moi.

Quelles sont vos sources d’inspiration ? Je n’ai pas vraiment de personnes sur qui je prends exemple, le plus important est de suivre ses propres idées et d’écouter son cœur. Cependant j’apprécie la littérature sud-américaine et je me dois de rester informée de l’actualité. J’aurais tendance à dire que la solitude (notamment à bord de mon bateau) est ma première source de réflexion, et que, pour enrichir ses connaissances, il est important d’être à l’écoute des autres.

Quand êtes-vous allée en Patagonie et pour combien de temps ? Mes voyages en terre inconnue ont été multiples. Je suis allée chaque année pendant huit ans à Ushuaia, pour la beauté du paysage et l’ambition de transmettre au monde tout ce savoir et ces cultures.

Pourquoi avoir choisi les Yamanas et non une autre tribu autochtone dans L’Amant de Patagonie ? Les Yamanas sont un peuple auquel je me suis intéressée durant mes nombreux voyages en Patagonie. Je souhaitais faire revivre à travers ce livre la merveilleuse histoire de ces peuples disparus.

Pourquoi avoir choisi dans cette oeuvre une héroïne et non un héros ? En effet un héros aurait très bien pu être choisi, mais cette femme, Emily, est faite pour faire réagir le lecteur. Il aurait été impossible pour l’époque qu’une femme chrétienne ait une quelconque relation avec un autochtone. Ce qui reflète chez moi mon indifférence aux préjugés.

Quelle est pour vous la définition de la liberté ? Là, c’est une colle que vous me posez ! [Hésitation]… Je ne saurais dire la définition exacte de la liberté mais je dirais que pour moi elle est indispensable. C’est simplement faire ce que l’on a envie de faire. Il n’y a comme limite que le respect de la société, il faut savoir exprimer socialement ce qu’on est intérieurement. La connaissance n’est en aucun cas quelque chose de négligeable, elle permet de ne pas reculer devant ses peurs. Je dirais pour finir que la chose la plus importante est de réaliser ses rêves car le reste ce n’est que du bonus.

Article rédigé par Marion et Zoé
Titre trouvé par Lucas, Mathis, Romane et Erwan T.

Isabelle Autissier, navigatrice des lettres

Au lycée Valin, certaines classes de première de seconde ont eu la chance, de rencontrer le jeudi 15 janvier Isabelle Autissier, célèbre navigatrice mais également auteur de romans puisant leurs racines dans ses nombreux voyages à travers le monde. C’est avec plaisir et sans retenue qu’elle a répondu à nos questions.

Qu’est-ce qui vous a amenée à l’écriture ? Etant petite, je lisais beaucoup de livres, et j’en lis d’ailleurs toujours énormément. Ce que j’aime dans la lecture c’est réfléchir ; puis, à mon tour, j’ai eu cette envie, raconter mes périples, ramener ici les émotions et sentiments d’ailleurs. Raconter, par les mots, le vécu... C’est un fait, j’ai toujours aimé raconter des histoires (rire).

Quelles sont vos sources d’inspiration ? Je puise mes principales idées dans mes voyages à travers le monde, ainsi que dans la solitude , notamment dans un tour du monde par exemple, où le fait d’être seul engendre une profonde réflexion, et implique d’être responsable de soi-même, sans les autres. Egalement, toute jeune, j’étais admirative d’œuvres de grands explorateurs, marins et artistes.

Dans L’Amant de Patagonie , pourquoi choisir une intrigue ancrée dans le passé ? Je trouvais intéressant de voir comment la rencontre entre les Européens et les Indiens avait pu se dérouler, comment leurs différences de civilisation avaient amené des préjugés. De plus, tous ces indigènes n’existent plus, il est donc passionnant de les faire revivre.

Dans ce même roman, pourquoi avoir choisi de faire parler les morts ? Je voulais que mes lecteurs se mettent à la place de ces peuples, qu’ils ressentent leurs peurs et leurs craintes. Il fallait donc montrer tous les aspects de ces personnes à première vue sauvages, montrer leurs croyances et rentrer dans le cadre intime de la vie chez les Yamanas.

Et justement, pourquoi ce peuple et pas un autre ? Il fallait que ce roman s’intègre à quelque chose, et il se trouve que leur lieu de vie est là ou j’ai passé près de 4 mois. Ce peuple qui n’existait plus que dans les livres m’a fascinée.

Concernant vos voyages, y a-t-il une destination qui vous a plus particulièrement touchée ? Oui, malgré mes quatre tours du monde, il y a deux lieux qui m’ont plus particulièrement attirée, même s’il est difficile d’avoir une préférence, ce serait comme demander à une mère quel enfant elle préfère (rire). L’Antarctique avec ses paysages grandioses et la Patagonie avec l’intimité des montagnes, de la forêt et de la mer.

Est-ce qu’il est dur d’être une femme dans le milieu de la voile ? (Profonde hésitation) Pas tant que cela, j’ai eu la chance de ne pas avoir d’a priori toute jeune, j’ai toujours fait ce dont j’avais envie. Il y a bien entendu certaines remarques, que j’ai entendues, comme, un jour, une plaisanterie : « Blanche-Neige et ses sept nains », à l’issue d’une victoire comprenant sept hommes et moi, seule femme, mais cela me fait beaucoup rire.

Pourquoi être devenue présidente du WWF en France ? Pour moi, c’était comme une évidence, étant donné que j’ai passé une grande partie de ma vie en mer, mon devoir est de la protéger, je souhaite participer à la construction du monde de demain, changer les mentalités, et inciter les jeunes à s’engager dans cette cause qui nous concerne tous.

Finalement, quelle est pour vous la définition de la liberté ? Ce terme passe par la connaissance...c’est la façon de conduire sa vie...ce que l’on s’autorise, même si les limites de ma liberté sont la société...soit comment exprimer socialement ce que je suis intérieurement ? (Applaudissements)

Article rédigé par Antoine et Allan

Isabelle Autissier : le voyage des mots

Grâce à l’association LEAR, nous avons eu la chance de rencontrer Isabelle Autissier, célèbre romancière, navigatrice et première femme à avoir fait le tour du monde, présidente de l’association WWF de France. Elle a accordé à quatre classes du lycée Valin (deux secondes ainsi que deux premières), un entretien le jeudi 15 janvier 2015.

Pourquoi êtes-vous devenue présidente du WWF en France ? L’histoire humaine est complexe : en quarante ans, on a éradiqué 52% de la biodiversité des vertébrés, pourtant nous avons besoin d’eux. On est en train de démolir la planète qui nous fait vivre, il faut faire bouger les choses. Je n’avais pas envie de rester chez moi... il faut s’engager et s’engager encore plus. Bonne nouvelle : puisque c’est l’homme qui démolit la planète, on peut donc faire autrement, et c’est ce qui est passionnant.

Pourquoi êtes-vous devenue romancière ?
Tout d’abord, j’aime lire, je lis depuis toute petite. J’ai eu envie de raconter ce que j’ai vu lors de mes voyages à travers les mots, la radio, mais les livres font passer beaucoup plus de choses.

Quelles sont vos sources d’inspiration ? J’en ai énormément. La solitude m’inspire notamment lors de mes voyages. Mais j’ai aussi des sources plus concrètes : univers maritimes, politiques, artistiques…Pour moi, il est important d’en avoir beaucoup et qu’elles ne s’arrêtent jamais.

Dans L’Amant de Patagonie, pourquoi avoir choisi une femme comme héroïne ?
Par provocation. Peu de femmes blanches vivaient là-bas à cette époque. J’avais envie d’une héroïne indépendante, imparfaite aussi. J’en ai assez de l’image du héros parfait, c’est plus divertissant quand il ne l’est pas.

Avez-vous consciemment calqué la construction de ce roman sur les cinq temps d’une tragédie ? Pas du tout. La question de rythme pose un problème pendant l’écriture. Il faut seulement faire le focus sur certains temps. C’est venu comme cela, je ne l’ai pas fait exprès.

Pour vous, quelle est la définition de la liberté ?
(Rire) C’est indéfinissable ! La première condition de la liberté est la connaissance...savoir se définir soi-même. Je me dis : « De quelle façon je vais conduire ma vie et qu’est-ce que je vais en faire ? » ; « Comment j’arrive à m’exprimer pour faire partie d’un corps social ? ». Bref, il faut savoir faire ce que l’on veut de sa vie.

Mallory & Maëlle.


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