Rencontre avec Luisa Futoransky

mardi 14 février 2012
par  Ingrid GHILARDINI

Quels liens avez-vous avec l’Argentine ?

Ma langue ! Ça fait 30 ans que je suis en France, mais avec l’Argentine c’est une relation comme avec les parents, je peux la critiquer, mais je n’aime pas qu’on la critique. J’aimerais bien être française, pour pouvoir voter, être comme tous les Français, mais je ne le suis pas car il y a trop de papiers à faire et je n’aime pas faire les papiers. Si quelqu’un veut s’en occuper ( rire ).

Photographie extraite du site LaRochellivre

Pourquoi êtes-vous venue vous installer en France ?

Pourquoi suis-je en France ? Je ne sais pas, tous les mardis je vais consulter ma psy pour m’aider à y répondre ! Mais ni elle ni moi ne savons pourquoi la France. Je suis partie de mon pays, mais jamais je n’écrirai dans une autre langue, même si j’aime beaucoup l’italien.

Quels sont les différents métiers que vous avez exercés ?

Tout d’abord je fait une formation universitaire. Puis j’ai été avocate, journaliste à Paris, j’ai travaillé à la radio puis à l’opéra. Que des métiers en rapport avec la parole. Guide et Agent d’accueil au Centre Pompidou. C’était une expérience intéressante.

Pourquoi l’opéra ? Dans quel but ?

Pour devenir metteur en scène. Mais dans le théâtre il faut avoir du pouvoir, et ça, je n’en ai pas. Je préféré l’art et la photo. Mais la passion de ma vie, c’est la littérature.

Depuis combien de temps écrivez-vous ?

J’ai commencé à écrire à l’âge de 7 ans et je suis devenue écrivain vers 14 ans. Je me suis dit que la passion existe au-delà des souhaits des parents c’est-à-dire faire ses propres choix, faire ce dont on a envie et ne pas se refuser un rêve, une passion parce que les parents n’en ont pas envie.

De quoi vous inspirez-vous pour écrire vos poèmes ?

De vous, ( en nous regardant tous, comme touchée) c’est-à-dire de la vie. Mes parents sont absolument en désaccord avec ce que je fais. Ils disent que ce n’est pas une façon de gagner sa vie.

D’où vient votre passion pour la poésie ?

Je ne sais pas, je ne peux pas répondre. Jamais je n’écrirai un poème pour enfants, je trouve que c’est un marché et qu’on les prend pour des imbéciles. Je n’ai pas les moyens d’écrire du théâtre, je n’y arrive pas. Les essais et la poésie sont une façon de penser. J’aimerais bien faire de la philo mais je n’ai pas les outils pour. J’ai créé une association pour les enfants et les adolescents illettrés dans le nord de mon pays . Un jour à l’école on avait un exercice, il fallait associer un nom avec un verbe ou un adjectif, je me suis trompée, la maîtresse a dit que j’étais nulle, mais dans le monde de la poésie cela veut dire quelque chose : on peut avoir une soupe blessée et les mains fades.

Depuis quand vous êtes-vous lancée dans les voyages et pourquoi avez-vous autant voyagé ?

Je pense que l’on part parce que l’on vous donne un coup de pied dans le derrière. Maintenant que mes parents ne me chassent plus, que la France ne me chasse pas, je continue quand même de voyager. Cette année je suis allée en Equateur, en Macédoine et je suis venue à la Rochelle.

À la fin de cette rencontre, que souhaitez-vous ajouter ?

Merci beaucoup de m’avoir accueillie, j’ai passé un bon moment avec vous. Je tiens à vous faire un cadeau. ( elle a donné un livre à une élève )Merci. Au revoir ! ( en souriant)

par Marine DOUSSET


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