Fermé pour cause d’inventaire

une exposition ouverte sur la sphère de images
dimanche 24 janvier 2021
par  Ronan MAREC

[Alexia Atmouni->https://alexiaatmouni.fr/] @aatmouni

Entre ses thaumatropes accrochés à la manière d’attrapes-rêves (sur lesquels elle fait porter à Poutine la cagoule rose des Pussy Riot), ses dessins méditatifs réalisés à partir de protocoles rigoureux ou encore ses innombrables carnets allant de simples phrases à des dessins de personnes “se dorant la pilule à la plage”, Alexia Atmouni est certainement une artiste aux multiples facettes. Pour autant, ses travaux, qui au premier abord semblent différents, se rejoignent finalement et questionnent le statut et la dimension temporelle des images.
Alexia Atmouni, "Poutine", 2019, peinture acrylique et pyrogravure sur bois, diam 8.5cm- (c) Alexia Atmouni tous droits réservés
En 2009, elle commence un travail de récolte. Elle accumule petit à petit des magazines de presse people dont elle sélectionne et récupère des images de célébrités qu’elle aime détacher de leur contexte. Minutieuse, Alexia Atmouni porte un grand intérêt au détail du découpage. Une fois cette masse accumulée, vient alors le travail où, par un procédé de collage, elle réalise une composition globale qui prend l’apparence d’une foule, créant ainsi des liens entre ces personnages plus ou moins anonymes, les articulant sous forme d’histoires spontanées dont certaines peuvent avoir une résonance avec l’actualité. Adepte de l’éphémère, ses agencements (punaisés ou collés) sont voués à disparaître à l’issue de ses expositions.
Alexia Atmouni "fermé pour cause d'inventaire" détail, 2020- (c) Alexia Atmouni tous droits réservés

L’artiste propose dans l’espace d’arts du lycée Valin de La Rochelle, “Fermé pour cause d’inventaire”, une exposition qui s’inscrit dans sa série coupure de presse. Il s’agit d’une installation où elle présente sa collecte à la manière d’une taxonomiste. Les personnages ainsi découpés sont épinglés au mur par un millier de punaises. Ce travail de grande envergure mêle jeux chromatiques, saynètes (souvent humoristiques) et mouvements à travers une confrontation d’images. De ce collage évolutif découle un ensemble bavard qui interpelle l’imaginaire collectif et fourmille d’histoires potentielles. A travers une approche participative, son travail dans la galerie déborde également de la surface murale. Elle laisse notamment à disposition des spectateurs un scanner et des découpages afin qu’ils aient la possibilité d’imaginer, à leurs tours, des histoires instantanées. En effet, elle aime particulièrement cette forme de partage créatif qu’elle nomme « rencontres fortuites », chargées pour la plupart d’une certaine forme d’absurdité.
Alexia Atmouni dans la galerie de l'Espace d'Arts du lycée Valin alors qu'elle travaille à son installation "fermé pour cause d'inventaire"
A travers ce semblant d’innocence, elle nous pousse, en réalité, à nous interroger sur la place, la valeur et la temporalité accordées aux images. En quoi leur profusion nous impacte-t-elle ? Aujourd’hui combien d’entre-elles ne s’évanouissent pas dans le flot d’information dans lequel est noyée notre société ? Qu’est-ce que la mise en scène de cette surabondance nous dit de notre société mondialisée ? Autant de questions soulevées par ces petits bonshommes qui habiteront les murs de la galerie de l’Espace d’Arts du Lycée Valin du 28 janvier au 11 mars 2021.

Texte écrit par les étudiants de la CPES-CAAP du lycée Valin.

Vernissage jeudi 28 janvier à 11h30 - présence de l’artiste durant la Journée Portes Ouvertes de la CPES-CAAP le samedi 30 janvier de 9h à 13h.

Affiche de l'exposition d'Alexia Atmouni, Fermé pour cause d'inventaire - (c) Alexia Atmouni tous droits réservés


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