le statut des images

dans le cadre d’un workshop avec l’artiste Alexia Atmouni, les étudiants de la CPES-CAAP déplacent des images d’un contexte à l’autre pour en interroger la mécanique
vendredi 5 février 2021
par  Ronan MAREC


Décontextualiser.

Dans le cadre d’une session de workshop les étudiants en art de la CPES CAAP du lycée Valin, leur professeur principal et l’artiste Alexia Atmouni ont réalisé de concert une production articulée autour du statut des images. C’est à la suite de nombreuses discussions que l’ensemble du collectif s’est accordé à employer les codes de représentation des toiles traditionnelles décoratives de Jouy en s’imposant un protocole particulier. Tout en pensant à l’hybridation et l’aspect collectif du travail nous nous sommes adonnés à de multiples décontextualisations, inspirés par les travaux réalisés en amont par Alexia...
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Le workshop aura donc consisté en le fait de s’approprier par le dessin des photographies de la “presse people ». Une fois redessinés d’une manière stylisée, puis scannés, ces plus de 200 graphismes sont ensuite agencés en plusieurs compositions les réunissant. D’une certaine façon, une nouvelle forme de langage graphique naît de cette extraction des magazines, réagencé à travers les codes de la toile de Jouy. Ces deux registres qui paraissent très différents au premier abord ont finalement beaucoup de points communs. Notamment une certaine fausseté qui découle de ces images. Tout comme la toile de Jouy laisse penser des univers bucoliques et parfaits (la vie des bergers fantasmée par la noblesse), les photographies volées des paparazzis qui dévoilent l’intimité des individus (stars souvent sans noblesse offerts en exemple à un autre public, bien plus élargi) sont elles aussi des caricatures éloignée des réalités vécues. Alors à notre tour, nous sortons ces images de leurs contextes en créant à nouveau d’autres histoires. La fonction distractive de ces images évoque une forme de culture contemporaine de consommation des images. Ces images issues d’une « culture populaire », souvent vides de sens et pourtant omniprésentes, deviennent une toile de fond (des motifs) du monde contemporain, encombrée de pixels. Sept lés imprimés au traceur rassemblent, classés par catégories ou superposés, les dessins réalisés, tous colorisés en rouge. Des éléments de ponctuation, signes et images, textes de légende « journalistiques », symboles quelconques, visages floutés ou pixelisés remplacent les motifs floraux des toiles décoratives. La densité des toiles forme une gradation, un dégradé allant de la plus chargée à la plus clairsemée, certains lés comportant davantage de personnages et motifs en fonction des thèmes plus ou moins récurrents des magazines de la presse people.

Une question de temps.
Le transfert opéré par le dessin propose une nouvelle temporalité : celle de la poïétique (du processus de fabrication) de ces images, qui de l’instantané furtif photographique passe à la patience du tracé et transforme celle du regard, qui du fait de ce nouveau temps, de cette forme nouvelle, décale le point de vue. Nous ne regardons plus ces images de la même façon.

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L’expérience des étudiants aura été celle d’une analyse dans la pratique artistique. A la manière d’un moteur qu’on démonterait, le langage iconique est étalé, ses signes isolés et proposés au regard afin que chacun « remonte » la machine à son tour de différentes manières, dans différentes fins : narratives, poétiques et/ou critiques.

Texte coécrit avec les étudiants de la CPES-CAAP.


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